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Miami la recession
La crise des crédits immobiliers
hypothécaires qui secoue actuellement
l’Amérique
perturbe toutes les places
financières du monde et qui pour
d’autres raisons se
transforme en crise immobilière sans
précédent dans l’état de Floride et
plus particulièrement sur Miami.
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Les saisies immobilières se multiplient,
les ventes baissent sensiblement,
jusqu’à 80 % dans la région d’Orlando,
et bon nombre de promoteurs sont au
bord de la faillite tant l’offre est abondante
et mal ciblée.
On compte plus de 20 000 appartements
en cours de développement
dans le seul centre de Miami auxquels
il faut rajouter 22 000 appartements
existant dans le comté de Miami-Dade
qui étaient en vente en avril dernier.
Sachant que le bâtiment représente
20% des emplois on imagine les
conséquences désastreuses sur l’économie
locale.
Comment en est on arrivé là ?
La SPECULATION !
Le boom de l’immobilier de 2001 à
2005 ainsi que le système d’acquisition
en Floride a énormément favorisé
cette spéculation. En effet, ce système
permet de réserver un appartement
en déposant 10% de son prix sachant
que le solde (80% minimum) est payé
lorsque l’immeuble est entièrement
terminé. Ce qui représente une attente
de 2 à 3 années entre la réservation
et la signature de l’acte définitif. Il est
tentant dans ces conditions de bloquer
des appartements et de les revendre
avant la fin des travaux et faire de
substantielles plus values.
Cette pratique, qui a permis aux promoteurs
d’obtenir rapidement les quotas
de réservation demandés par les
banques pour financer leurs constructions,
a provoqué une inflation dans les
prix et une surproduction. A ce jour
50% des ventes sont réalisées par
des spéculateurs.
On estime que plus de la moitié des
projets immobiliers va être annulée,
car les spéculateurs devant l’effondrement
du marché préfèreront perdre
leurs dépôts rendant ainsi les opérations
irréalisables. En plus la plupart
des immeubles ne sont pas adaptés
aux réalités du marché. Les appartements
sont chers, trop chers, souvent
trop grands, ce qui exclus des reprises
éventuelles en l’état. On a vraiment
l’impression qu’il faut être millionnaire
pour acheter un appartement à South
Beach, Sunny isles ou Coral Gable.
C’est le premier aspect de la crise. Le
second concerne les immeubles en
cours de construction, pratiquement
achevés qui ont été financés par les
banques et dont les actes définitifs ne
sont pas encore signés. Qu’adviendra
t-il de ces immeubles si un grands
nombres de réservataires ne signent
pas les actes définitifs à l’achèvement
de ces derniers ?
Toutes ces observations nous font
penser que la crise est sérieuse, et
loin d’être terminée.
On estime que plus de la moitié
des projets immobiliers va être annulée
Comment en sortir ?
La Floride a de nombreux atouts à faire
valoir (conditions climatiques exceptionnelles,
place financière et commerciale
importante, ..) et devrait attirer une
grande partie de la génération des babyboomers
bientôt à la retraite.
D’autre part, la faiblesse du dollar
par rapport à l’euro devrait favoriser
l’investissement étranger, sous
réserve que l’offre soit mieux adaptée
à la demande et que l’on réforme rapidement
le mode de calcul de la taxe
sur la propriété. Cette taxe plus les
charges de copropriété rendent les
investissements immobiliers peu rentables.
Dorénavant il faut que cette profession
remplisse mieux sa mission : les promoteurs
en construisant des produits
qui correspondent à une réelle
demande et les agents immobiliers en
conseillant au mieux leurs clients.
L’immobilier ce n’est pas la bourse et
encore moins le casino.
S.R
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